Y a-t-il une bonne couverture Internet et mobile dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie ?

Dimitri B.
Dimitri B. écrit sur la sécurité des rencontres en ligne et les méthodes modernes d’escroquerie. Fort d’une formation en communication internationale et en psychologie, il se concentre sur des moyens pratiques pour aider les gens à se protéger dans les relations numériques. Originaire d’Ukraine, il vit aujourd’hui au Canada.

Parler d’accès à Internet ou de réseau mobile dans les territoires ukrainiens occupés, c’est parler d’un système brisé, surveillé et incertain. Pour les habitants, rester connectés est souvent un luxe. Pour les fraudeurs, c’est une occasion en or d’exploiter la confusion et l’isolement.

Cet article explique l’état réel du réseau en 2025, comment les services sont gérés dans les zones occupées, et comment les escrocs profitent du chaos numérique pour soutirer de l’argent ou des données personnelles.

La situation actuelle sur le terrain

Dans les régions sous contrôle russe — Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson et la Crimée — les infrastructures de télécommunications ont été saisies, remplacées ou fortement restreintes. Les fournisseurs ukrainiens ont été coupés, et des opérateurs russes comme Miranda Media / Mir Telecom assurent maintenant le service.
Mais cette couverture reste instable, lente et fortement surveillée, surtout près de la ligne de front.
(source : Wikipedia – Miranda Telecom)

L’accès à Internet dépend souvent d’installations locales ou d’un Wi-Fi encore fonctionnel. Dans la majorité des cas, le réseau mobile est ralenti, filtré ou bloqué sans préavis.

Même en Russie, certaines régions ont imposé des coupures totales d’Internet mobile “jusqu’à la fin de la guerre”. Ce qui arrive à l’intérieur du pays s’applique presque toujours aux territoires occupés.
(source : The Moscow Times, 2025)

Ce qu’il faut savoir sur la couverture

Ce qui fonctionne encore :

  • Appels vocaux de base dans certaines zones urbaines.
  • Wi-Fi local ou connexions filaires dans les villes où les infrastructures sont encore debout.
  • Accès restreint à des sites “autorisés” par les autorités d’occupation.

Ce qui ne fonctionne plus vraiment :

  • Une couverture mobile 4G ou 5G stable.
  • Le roaming ou l’accès direct aux réseaux ukrainiens.
  • Un Internet libre et non censuré : la plupart des sites internationaux sont bloqués ou surveillés.

Bref, le réseau existe, mais il n’est ni fiable, ni libre, ni sécuritaire.

Pourquoi c’est un enjeu majeur — et comment les arnaqueurs en profitent

Quand la connexion devient rare, la confiance devient une monnaie. Les fraudeurs utilisent ce contexte pour manipuler les civils et les humanitaires.

Exemples d’arnaques fréquentes :

  1. Faux “kits de connexion” ou “cartes SIM spéciales” : vendus comme solution magique pour rester connectés dans les zones occupées. On paie, mais rien ne fonctionne.
  2. Messages d’urgence fabriqués : “Mon réseau est coupé, aide-moi à acheter une carte SIM ou une antenne satellite.” Le scénario semble crédible… mais il ne l’est pas.
  3. Fausse vérification d’identité : de prétendus “opérateurs” demandent des copies de passeport ou d’identité pour “réactiver le service”. En réalité, ils volent les données.
  4. Exploitation de l’isolement : les habitants incapables de vérifier les faits deviennent des cibles faciles.

Tout service prétendant offrir une connexion complète et sécurisée dans les territoires occupés est probablement frauduleux.

Avant de faire confiance — vérifiez

  1. Identifiez l’opérateur : s’il n’est pas officiellement reconnu (comme Miranda Media), c’est suspect.
  2. Testez la connexion : appels, messages, vidéo. Une vraie panne est répétée et vérifiable.
  3. Ne fournissez jamais de documents personnels par messagerie.
  4. Confirmez l’information auprès d’organismes humanitaires fiables :
  5. Ne payez pas à l’avance pour “rétablir le réseau” sans preuve officielle.

Exemple réel

En novembre 2025, la région d’Oulianovsk, en Russie, a instauré une coupure mobile permanente autour de sites stratégiques — officiellement “jusqu’à la fin du conflit”.
Si une telle mesure existe en Russie même, il est logique que les territoires ukrainiens occupés subissent des restrictions encore plus sévères.

Conclusion : la connexion existe, mais elle est fragile et risquée

Oui, il y a encore Internet et téléphonie mobile dans plusieurs territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Mais exister ne veut pas dire fonctionner librement. Le service est instable, surveillé et souvent censuré.

Ce manque de fiabilité alimente les arnaques : fausses cartes SIM, faux abonnements satellites ou histoires inventées pour obtenir de l’argent.

La meilleure défense, c’est la vérification. Avant de croire un message ou d’envoyer de l’argent, demandez-vous :

Qui fournit le service ? Est-ce une source confirmée ?

Restez informé, restez prudent — et ne laissez personne exploiter votre empathie à cause d’un faux problème de réseau.